La compétence à recruter en 2027 : savoir relire
Chez Anthropic, les sessions d'agents passent 80 % de leur temps à attendre un humain. Le goulot n'est plus d'écrire le code mais de le relire, et presque aucun entretien ne le teste.

Chez Anthropic, les sessions d'agents passent 80 % de leur temps à attendre un humain. Le goulot n'est plus d'écrire le code. C'est de le relire.
Le rapport publié par Anthropic sur ses propres équipes est assez net. Les agents y cumulent six fois plus d'heures de travail que les salariés. Le « méta-travail » (écrire des instructions, faire vérifier un agent par un autre, surveiller tout ça) est passé de 10 % à 22 % des sessions. Et lire tout ce que produisent leurs agents prendrait plus de la moitié de la semaine.
Dans leurs grilles d'entretien, le jugement et l'autonomie pèsent plus. L'expertise étroite, moins.
La compétence rare devient donc la review. Lire vite, lire juste, repérer ce qui cloche dans un diff parfaitement plausible, et savoir dire non.
Presque aucun process d'entretien ne la teste. On fait encore écrire un algo au tableau à quelqu'un qui passera ses journées à relire celui d'un agent.
Et presque aucun sourcing ne la regarde. On compte les commits, on liste les stacks. Pourtant, sur GitHub, les reviews publiques d'un dev en disent souvent plus que ses commits : ce qu'il remarque, ce qu'il laisse passer, comment il argumente un refus dans le dépôt de quelqu'un d'autre.
Quand je dois jauger un ingénieur, c'est là que je regarde en premier.
Si votre entretien technique ne contient pas une seule review de code, vous évaluez un métier qui est en train de disparaître.
