« Ex-Stripe » sur votre page carrière ne prouve rien
Un logo sur un CV dit que la personne a passé une barre d'embauche, pas qu'elle a fait gagner l'entreprise. Trois questions pour juger ce qu'elle a vraiment construit.

« Nos équipes sont ex-Stripe, ex-Palantir, ex-Ramp, et early chez Rippling. »
Cette ligne est sur beaucoup de pages carrière de startups. Elle ne prouve rien.
Le rappel vient de next play, une newsletter qui aide les gens à choisir leur prochain poste. Leur exemple : dans les années 90, deux boîtes voulaient faire marcher le paiement en ligne. L'une était fondée par l'homme qui avait construit VeriFone, avec deux des ingénieurs qui avaient bâti Internet, dont l'inventeur des RFC. L'autre, par des jeunes sans palmarès.
La première, CyberCash, a fait faillite. La seconde s'appelait PayPal.
« Employé n° 112 chez Stripe » dit une chose : la personne a passé la barre d'embauche de Stripe. Pas qu'elle a fait gagner Stripe.
Leur méthode pour juger la densité de talent d'une boîte tient en trois questions. Quels résultats réels ces gens ont-ils produits avant ? Lesquels produisent-ils maintenant ? Leur expérience colle-t-elle au problème actuel ? Et une question d'entretien que je trouve redoutable : qu'avez-vous construit pour la boîte ces 30 derniers jours, et quel effet ça a eu ?
C'est écrit pour les candidats qui évaluent une startup. Ça vaut exactement autant dans l'autre sens.
Quand on recrute, le logo sur le CV est le proxy le plus cher et le moins informatif qui existe. Ce que la personne a réellement construit, lui, est souvent public : ses dépôts, ses PR, ses projets.
C'est le pari d'Azerit : lire le travail, pas le CV. Le logo vient après, s'il vient.

